Partageux rencontre des personnes cabossées par notre société libérale, change leur identité et ne mentionne ni son nom, ni sa ville pour qu'on ne puisse les reconnaître. « Devant la servitude du travail à la chaîne ou la misère des bidonvilles, sans parler de la torture ou de la violence et des camps de concentration, le "c'est ainsi" que l'on peut prononcer avec Hegel devant les montagnes revêt la valeur d'une complicité criminelle. » (Pierre Bourdieu) La suite ici.

jeudi 4 avril 2013

Rétablissement de la peine capitale !


Merci Jéjé. Merci pour tout. On te doit une fière chandelle.  Grâce à ton esprit de sacrifice — enfin, faut pas exagérer, six cent mille roros c'est quand même loin d'un carambar par jour — grâce à ton esprit de sacrifice on sauve l'essentiel. On oublie un peu l'affaire Guérini, on oublie un peu l'affaire Sylvie Andrieux, on oublie l'affaire Jibrayel, on oublie l'affaire Kucheida, on oublie complètement l'affaire Huchon et tout plein d'autres. Le Parti socialiste, content de toi, te remettra la médaille du dévouement. Gaston Flosse, Éric Woerth, Alain Juppé, Jacques Chirac, Gérard Longuet, Jean Tibéri, Nicolas Sarkozy et toute la droite SuperMenteur s'associent au Parti Socialiste pour te remercier.

Merci Jéjé. Grâce à toi, on oublie un moment que la France est la cinquième puissance économique de la planète. Et que nos riches sont richissimes. Bernard Arnault (21,2 milliards d'euros), Gérard Mulliez (18 milliards d'euros), Bertrand Puech (17,4 milliards d'euros), Liliane Bettencourt (15,3 milliards d'euros), Serge Dassault (9,9 milliards d'euros), François Pinault (6,3 milliards d'euros), Pierre Castel (6 milliards d'euros), Alain Wertheimer (5,6 milliards d'euros), Margarita Louis-Dreyfus (4,5 milliards d'euros), Emmanuel Besnier (4,4 milliards d'euros), Vincent Bolloré (3,6 milliards d'euros) et Xavier Niel (3,95 milliards d'euros) te remercient vivement d'éloigner encore une fois les projecteurs de leur petite pelote gagnée à la sueur de leur front et avec leur seul talent mais pas du tout grâce au travail de milliers de petites mains. Ce serait lassant de citer tout le monde mais le numéro 500 des fortunes professionnelles françaises, selon Challenges, dispose tout de même d'une « fortune professionnelle » de 60 petits millions d'euros. Challenges ne compte pas les châteaux, tableaux, hôtels particuliers, yachts, avions et autres falbalas de la vie privée pour évaluer la fortune de nos riches. Ça nous donnerait la migraine.

Merci Jéjé. Grâce à toi, la presse va encore éviter de parler de thèmes ennuyeux. Chômage, emploi, revenu, retraite, santé, éducation, chimie envahissante, nucléaire éternellement radieux, bulldozerisation définitive des côtes, acier-béton des nouveaux éléphants blancs géants : aéroports, autoroutes, voies ferrées et autres grandes catastrophes.  

Merci Jéjé. Grâce à toi les cinq millions de chômeurs-profiteurs — dont une grosse moitié perçoit zéro euro d'indemnité — disparaissent dans le néant de l'espace-temps intergalactique de Pôle-emploi. Grâce à toi les dix millions de miséreux — qui tentent de survivre sous le seuil de pauvreté — repassent sous le tapis de l'antimatière. Abracadabra ! Aphatie ! Grâce à toi, les dix millions de personnes en délicatesse avec le logement s'évaporent dans le big bang de la soupe originelle. 

Si j'ai tout bien suivi, mon Jéjé Caca, tu es ressorti libre après tes aveux chez le juge. Même pas une préventive en maison d'arrêt. Même pas une gardav. Même pas une nuit en cellule de dégrisement. Mon pote Mathias, lui, il s'est tapé quatorze mois de taule pour « ivresse sur la voie publique ». Bon, d'accord, c'est un zonard bien disjoncté par une enfance cataclysmique et le juge a donné raison aux keufs qui trouvaient que quarante-douze fois ça faisait récidive. Les quatorze mois, le juge a dit que c'était pour le calmer. Menfin Mathias il est très loin d'avoir entourloupé un truc à six cent mille roros. Plus le recel dont on cause aujourd'hui. 

Alors, Jéjé, pour te calmer en respectant la proportion et puis pour l'exemplarité, je demande le rétablissement de la peine capitale pour les crimes économiques. Une balle dans la tempe et la facture envoyée à la famille pour la balle, le cercueil et les cinq ans d'occupation du carré des suppliciés ? Non, ce serait trop peu. 

Nationalisation de la totalité des biens et avoirs d'un voleur. Confiscation de tes salaire, pension et autres ressources présentes ou futures. Tu seras condamné à vivre du seul RSA pour le reste de ses jours. Une peine affreuse. Une peine capitale. Frappe au portefeuille, camarade, c'est là que c'est le plus douloureux pour les malfaiteurs économiques tel Jérôme Cahuzac !

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L'Eschantit (le feu follet) et Vergonha (honte), deux extraits de Lo diable es jos la porta, planhespingadis per un pais voide (le diable est sous la porte, plainte à danser pour un pays vide). De et par Jan dau Melhau avec Bernart Combi (voix et percussions). Un oratorio à goût de requiem pour l'occitan, une langue millénaire à l'agonie, et pour une civilisation paysanne de trois mille ans tout aussi mourante. Lo diable est l'une de mes grandes claques artistiques de ces dix dernières années. Pour les connaisseurs je place Jan dau Melhau aussi haut que Veljo Tormis. 



5 commentaires:

  1. Pour rester encore dans la musique occitane...
    Connais-tu le magnifique travail qui a consisté à retrouver, remettre en musique et interpréter les chansons du premier troubadour, Guillaume VII d'Aquitaine, comte de Poitiers ?

    Pour les malversations... pour un qui s'est fait prendre le doigt dans la confiture, combien poussent un soupir de soulagement, en se disant que ce n'est pas (encore) leur tour ? Je crains qu'aujourd'hui, tous ces coqs que l'on connaît parmi les politiciens ne soient passibles des mêmes "reproches". Plus quelques-uns qui restent invisibles, les plus malins parce que pas au premier rang, mais pas forcément les moins influents.

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  2. On ne s'inquiète pas pour lui, sa reconversion est assurée, il a bien servi l'oligarchie...

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  3. Quel que soit le crime, jamais de rétablissement de la peine capitale. JAMAIS.

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    1. Menfin Anne-Marie ! M'as-tu lu jusqu'au bout ? Je me cite :

      Tu seras condamné à vivre du seul RSA pour le reste de ses jours. Une peine affreuse. Une peine capitale. Frappe au portefeuille, camarade, c'est là que c'est le plus douloureux [...]

      C'est ma blague favorite : condamner à vivre du RSA (le RSA c'est exactement la moitié du Minimex belge) et en parler comme d'une condamnation à mort. Avec cela je parle à la fois du RSA qui ne permet que la survie difficile et je parle de mon refus de la condamnation à mort comme de la peine de prison. Je m'en suis déjà expliqué dans "blogue à la chaîne" que je t'invite à lire.

      Bisous partageux sur le museau. ;o)

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  4. le RSA c'est bien ! c'est beaucoup trop clément !
    combien de gens qui vivent avec le RIEN ?

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Vas-y pour tes bisous partageux sur le museau !